Nous vous offrons trois ateliers d’écriture, par email
Retrouvez l’odeur, la maison et la voix de votre enfance, et écrivez-les en vingt minutes par jour, avec Colette pour guide
Chaque jour pendant trois jours, lisez un court passage de Colette, puis suivez nos consignes : elles vous disent exactement quoi écrire, même si vous n’avez jamais écrit. Gardez ces pages pour vous, ou offrez-les à ceux que vous aimez.
Bon pour trois ateliers offerts
C’est offert, nous ne vous demandons aucune carte bancaire, et vous vous désinscrivez d’un clic.
Chère lectrice, cher lecteur,
Dans presque toutes les familles, il y a une boîte de photos que plus personne ne sait lire. On y voit des visages en noir et blanc, une robe du dimanche, un chien couché devant une porte. Au dos, on ne trouve rien, ou parfois un prénom, d’une écriture penchée, et une année. Ceux qui savaient qui était cette femme, pourquoi elle riait et ce que sentait la cuisine derrière cette porte sont partis sans le dire à personne.
Un jour, ce sera la boîte de vos photos à vous. Et l’odeur de la cuisine de votre mère, dont plus personne d’autre que vous ne se souvient aujourd’hui, partira avec vous le jour venu, à moins que vous l’ayez mise par écrit.

En 1876, un homme s’est fait la même réflexion que vous vous faites peut-être en ce moment. Il s’appelait Charles Darwin. Il avait soixante-sept ans et il était déjà l’un des savants les plus célèbres du monde. Un éditeur allemand venait de lui demander quelques pages sur sa vie. Dès la première ligne, Darwin écrit que ces pages pourraient « intéresser mes enfants ou leurs enfants ». Et il avoue pourquoi il y tient : il n’a jamais connu son propre grand-père, mort près de sept ans avant sa naissance, et il aurait tant aimé lire, écrit de sa main, « ce qu’il pensait, ce qu’il faisait, comment il travaillait* ». Son fils publiera ces souvenirs après sa mort, avec des coupures. Il faudra attendre 1958 pour que sa petite-fille, Nora Barlow, les publie en entier.
Pour vos enfants et vos petits-enfants, vos souvenirs valent plus que ceux de tous les savants du monde. Encore faut-il les écrire, et les écrire de telle façon qu’on s’y croie.
Écrivez d’abord pour vous
Ces souvenirs, vous les écrirez aussi pour vous. Que vous ayez trente-cinq ans ou quatre-vingts, votre enfance est l’endroit où presque tout a commencé : ce que vous aimez, ce qui vous émeut, ce qui vous console encore. Baudelaire l’a dit en une phrase, en 1863 : « le génie n’est que l’enfance retrouvée à volonté ».
En écrivant chaque jour un souvenir, vous retrouverez des goûts oubliés, des gens que vous aimiez, des joies toutes simples, et parfois l’origine de ce qui compte encore pour vous aujourd’hui. Depuis les années 1980, plus d’une centaine d’études, dans le sillage du psychologue américain James Pennebaker, suggèrent qu’écrire sur ce qu’on a vécu peut faire du bien, même modestement. Et nous en sommes convaincus : on regarde sa vie d’aujourd’hui avec plus de tendresse quand on a retrouvé l’enfant qu’on était.
Ce que deviennent les histoires racontées à table
Les histoires qu’on raconte à table, on les écoute, on sourit, et le dimanche suivant, elles sont déjà un peu effacées. Alors on se promet de les écrire. On achète un joli carnet, ou l’un de ces livres qui posent des questions : « Où avez-vous grandi ? », « Quel était votre jeu préféré ? ». On y répond sagement, avec des dates, des lieux et des noms. Et à la fin, on a un questionnaire bien rempli, où votre enfance tient en trois lignes.
Vos proches y apprendront que la maison était à Nevers. Le poêle qui ronflait dans la cuisine, et ce que votre mère criait par la fenêtre quand il était l’heure de rentrer, tout cela sera resté dans votre tête.
Laissez une odeur vous ramener avant vos dix ans
Une question fait travailler la tête, et la tête rend des faits : une adresse, une date, le nom d’une école. Une odeur, un bruit ou un goût font revenir une scène entière. En 2006, deux chercheurs suédois, Johan Willander et Maria Larsson, ont demandé à 93 personnes âgées de raconter un souvenir. Aux unes, ils donnaient un mot, aux autres une image, aux dernières une odeur à sentir. Les souvenirs ramenés par une odeur remontaient pour la plupart aux dix premières années de la vie. Ceux ramenés par un mot ou une image venaient surtout des années entre 11 et 20 ans. Et une odeur donnait davantage l’impression d’être revenu là-bas, dans des souvenirs auxquels on avait moins souvent repensé**.
C’est pourquoi chaque souvenir de notre atelier part d’une chose que vos sens ont gardée : une odeur, un bruit, un goût, une phrase entendue, un geste, un objet. Elle vous rend l’instant lui-même, avec ses couleurs et ses voix. Encore faut-il savoir l’écrire.
Nous avons cherché quelqu’un qui savait faire entrer le lecteur dans sa maison d’enfance. Nous l’avons trouvée, et nous l’avons prise pour guide.

Colette a grandi dans un village de l’Yonne, dans une maison ordinaire, avec un jardin où sa mère venait appeler les enfants à l’heure du goûter. À dix-huit ans, elle a dû la quitter : la famille était ruinée. Elle n’y reviendrait plus qu’en visiteuse.
Trente ans plus tard, elle l’a écrite, dans La Maison de Claudine, puis dans Sido. Et cette enfance de village est devenue l’une des plus célèbres de la littérature française. Quand Colette est morte, en 1954, des milliers de personnes sont venues lui dire adieu dans la cour du Palais-Royal : c’était la première fois que la France offrait des obsèques nationales à une femme. Aujourd’hui encore, on ouvre ses pages et l’on sent l’herbe écrasée de son jardin comme si l’on y était.


Pourquoi nous avons choisi Colette
Bien des écrivains ont raconté leur enfance. Proust en a tiré le souvenir le plus célèbre de la littérature française, la madeleine trempée dans le thé, et il lui a fallu les sept volumes d’À la recherche du temps perdu, en phrases longues parfois d’une page entière, pour aller au bout de sa mémoire. Pagnol a raconté la sienne en conteur, avec des histoires de chasse et de famille que l’on se répète encore.
Colette a fait quelque chose de plus précieux pour vous et pour nous. Elle a écrit son enfance en courts chapitres de quelques pages, chacun bâti sur une chose toute simple : une odeur, la phrase que répétait sa mère, un objet posé sur une table. Elle commence souvent par une odeur, elle remplace les adjectifs par un détail exact, elle fait entendre la phrase qu’une personne répétait. Ce sont des choses simples, qui reviennent d’un chapitre à l’autre, et que chacun peut refaire avec ses propres souvenirs. Aucun autre grand écrivain ne nous a paru aussi facile à suivre de près, pour quelqu’un qui écrit ses propres souvenirs.
Et ses pairs la tenaient pour l’une des plus grandes. Elle a été élue à l’académie Goncourt en 1945, puis elle l’a présidée jusqu’à sa mort.
Ce qui rend un souvenir inoubliable, c’est la façon de l’écrire.
Voyez la même maison écrite deux fois
Voici d’abord la version que presque tout le monde écrit, puis la même maison, réécrite avec deux choses que Colette fait dans ses propres souvenirs.
La première foisC’était une grande maison ancienne, avec un beau jardin.
La seconde foisUne odeur de cire traîne dans le couloir. La troisième marche grince, toujours la troisième. Au fond, la porte de la cuisine ne ferme plus depuis l’hiver 1962 : il faut la soulever pour qu’elle tienne.
La première phrase pourrait décrire dix mille maisons. Avec la seconde, vous voilà dans le couloir, et vous entendez la marche grincer. Il a suffi de deux choses que Colette fait sans cesse : commencer par une odeur, au présent, et donner un petit défaut exact, avec un chiffre. Cela s’apprend en deux matins, et cela vous restera.
Écrivez avec vos mots à vous
Vous écrirez avec votre voix, vos expressions, votre façon de raconter. Ce que vous prendrez à Colette, ce sont des pistes pour chercher dans votre mémoire : une odeur, un détail exact, une phrase entendue. Les phrases resteront les vôtres, et si un jour vous faites lire ces pages, c’est votre voix qu’on y reconnaîtra.
On peut aujourd’hui demander à une machine d’écrire de jolis souvenirs. Elle écrira très bien la maison de n’importe qui. Elle ignore que la troisième marche grinçait, et comment votre mère prononçait votre prénom. Personne d’autre que vous ne possède ces choses-là, et c’est justement ce que ceux qui vous aiment voudront lire.
Retrouvez trois souvenirs en trois jours
Nous avons relu Colette de très près, et nous en avons tiré des ateliers d’écriture que vous recevez par email, un chaque jour. Chaque matin, vous lisez quelques lignes de Colette, nous vous expliquons simplement ce qui les rend si vivantes, puis vous écrivez à votre tour une page de vos souvenirs. Les trois premiers ateliers vous sont offerts, et chacun vous demande une vingtaine de minutes.

Le premier jour, vous découvrirez pourquoi Colette ouvre l’un de ses plus beaux chapitres par une odeur. Puis vous écrirez la vôtre, celle qui, en une ligne, vous rend un après-midi entier avec ses bruits et ses couleurs.
Le deuxième jour, vous retrouverez la maison. Celle de Colette avait un perron qui « boitait, six marches d’un côté, dix de l’autre ». Vous chercherez le détail que la vôtre était seule à avoir, et vous verrez toute la maison revenir autour de lui.
Le troisième jour, vous retrouverez une voix. Avec une seule phrase, « Les enfants ! Où sont les enfants ? », Colette fait revivre sa mère tout entière. Vous retrouverez la phrase qu’on vous répétait, et la personne qui la disait reviendra avec elle. Et si vous nous envoyez la phrase que vous préférez, nous vous répondrons : nous lisons chaque message, et nous répondons à chacun.
Au soir du troisième jour, relisez vos trois pages dans l’ordre. Vous serez peut-être surpris de ce que vous avez su retrouver. Et, jour après jour, ces pages peuvent devenir un livre.

Écrivez chez vous, à l’heure qui vous convient
Tout se passe chez vous, par email, quand vous en avez envie : le matin avec votre café, ou le soir quand la maison est calme. L’atelier vous attend dans votre boîte jusqu’au moment où vous avez vingt minutes et un cahier devant vous.
Si vous n’avez jamais écrit, chaque atelier vous dit exactement quoi faire, et personne ne corrige vos fautes. Si vous écrivez depuis longtemps, vous aurez le plaisir de voir travailler Colette de tout près, et vous relirez vos propres pages avec d’autres yeux. Et que vous gardiez ces pages pour vous ou que vous les offriez un jour, c’est vous qui en déciderez.
Choisissez vous-même les souvenirs que vous écrivez
Toutes les enfances n’ont pas eu un jardin où une mère appelait les enfants pour le goûter. Certaines ont connu des cris, des absences, des maisons où l’on avait peur. Les écrivains l’ont raconté aussi. Jules Vallès a dédié L’Enfant « à tous ceux qui crevèrent d’ennui au collège ou qu’on fit pleurer dans la famille ». Georges Perec, qui avait perdu son père à quatre ans et sa mère à six, déportée à Auschwitz, ouvre le récit de son enfance par ces mots : « Je n’ai pas de souvenirs d’enfance. » Puis, page après page, il en retrouve quelques-uns, un à un.
Dans nos ateliers, c’est vous qui choisissez chaque souvenir. Le deuxième jour, vous pouvez écrire la maison de vos parents, ou une autre maison où vous étiez bien : celle d’une grand-mère, d’une voisine, d’une nourrice, une salle de classe. Le troisième jour, la voix peut être celle d’un grand-père, d’une institutrice, d’un ami. Un souvenir trop lourd peut attendre, ou rester à vous seul. Et vous retrouverez peut-être, au fond d’une enfance difficile, un coin de lumière : une odeur de pain chaud, un livre, une personne qui était bonne pour vous.
Nathalie Sarraute avait quatre-vingt-deux ans quand elle a publié Enfance, le livre de ses souvenirs. Dès les premières lignes, elle dit ce qu’elle veut retenir : « des petits bouts de quelque chose d’encore vivant… », et elle ajoute : « avant qu’ils disparaissent ». Les vôtres le sont aussi, et vous les retrouverez d’autant plus facilement que vous commencerez tôt.
Qui nous sommes
Écrire & Vivre publie des ateliers d’écriture par email. Nous l’avons créée parce que nous voulions offrir à chacun de beaux moments d’écriture, et l’occasion de regarder sa propre vie avec un peu plus de tendresse.
Chaque réponse que vous nous envoyez est lue par l’un de nous, et reçoit une réponse écrite par l’un de nous. Nous ne vendons ni ne prêtons jamais votre adresse. Nous n’avons aucun lien avec les héritiers ni avec les éditeurs de Colette : son œuvre est entrée dans le domaine public en 2025, et nous l’avons lue et relue pendant des mois, pour notre plaisir, avant d’en tirer ces ateliers.
Continuez après les trois premiers jours, si vous le souhaitez
Ces trois ateliers sont les trois premiers jours de « Ce que je n’ai jamais écrit », un atelier de 21 jours. Au bout du chemin, vos souvenirs d’enfance forment un livre d’une cinquantaine de pages, avec vos photos, votre titre et votre dédicace, prêt à imprimer, à garder pour vous ou à offrir. Si vous avez envie de continuer, nous vous le proposerons : 97 €, remboursables pendant 30 jours. Quoi que vous décidiez, vos trois pages restent à vous : ce sont les premières de votre livre.
Pour recevoir le premier atelier, indiquez votre prénom et votre email. Il arrive dans votre boîte dans les minutes qui suivent, et les deux suivants les jours d’après.
Bon pour trois ateliers offerts
C’est offert, nous ne vous demandons aucune carte bancaire, et vous vous désinscrivez d’un clic.
Vous recevrez les trois ateliers, quelques emails pour vous proposer de continuer, puis nos lettres sur l’écriture. Nous ne vendons ni ne prêtons jamais votre adresse (confidentialité).
Bien amicalement,
L’équipe d’Écrire & Vivre
P.S. Quand Albert Camus est mort, en janvier 1960, il avait avec lui, dans sa sacoche, le manuscrit du livre qu’il écrivait sur son enfance. Il l’avait dédié à sa mère, qui ne savait pas lire : « À toi qui ne pourras jamais lire ce livre. » Le vôtre, c’est vous qui choisirez qui le lira : ceux que vous aimez, ou personne d’autre que vous.
* Charles Darwin, Autobiographie, 1876. Nous traduisons.
** Johan Willander et Maria Larsson, « Smell your way back to childhood: Autobiographical odor memory », Psychonomic Bulletin & Review, vol. 13, n° 2, 2006, p. 240-244.
Crédits des images
- La famille Colette vers 1880. Photographe inconnu, domaine public.
- Colette, photographiée par Henri Manuel. Henri Manuel (1874-1947), domaine public.
- La maison natale, rue de l’Hospice, aujourd’hui rue Colette. Photo : Benoît Prieur, CC0.
- La même maison, côté jardin. Photo : Memnom, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.
- Première page du chapitre « La petite », La Maison de Claudine, 1922. J. Ferenczi et fils, domaine public.
- Pierre Bonnard, L’Enfant à la lampe, 1897. BnF, domaine public.